Communication et développement : Quelle place pour la démocratie ? (1ere Partie)

Publié le par SAYONCOUL

  Monsieur Abdrahamane F. BAGAYOKO

Consultant en Management du Développement Social

 

 

Introduction :

"Si l'information et les connaissances sont un élément central de la démocratie, elles sont les conditions du développement." Kofi Annan, dans une allocution à la Conférence de la Banque mondiale, 'Global Knowledge' (1997).

Les relations entre communication et développement sont débattues depuis des années, de même que le rôle des processus de communication pour accompagner les changements sociaux et individuels, ainsi que la place qui revient à la démocratie dans cette interaction entre communication et développement.

En effet, il y a eu ces dernières années, un regain d’intérêt des réflexions sur la communication et le développement qui font davantage entrer en jeu, le concept très surchargé idéologiquement de démocratie, d’au point que la notion de communication se dissimule voire s’estompe dans celle de démocratie, en donnant lieu à la formule "démocratie et développement".

La communication, définie sous l’angle développementaliste, est considérée comme « un processus social qui provoque des changements dans les connaissances, les attitudes et les comportements des individus ou des groupes, en mettant à leur disposition des informations factuelles et techniques » ; elle apparait de ce fait comme étant au service du développement lequel se voit défini comme « un changement de connaissances, d’attitudes et de pratiques». (HAFID 2003). Sous cet angle, la communication ainsi que ses nombreuses s’inscrivent dans le registre de la démocratie.

Ceci dit, la démocratie, dans la pratique qu’on en fait, constitue un environnement propice à cette communication au service du développement ; d’où sa mise en exergue, et sous cette optique,  il apparaît que la démocratie est un ensemble de "pratiques sociales", basé sur des valeurs d'égalité, de liberté, et de justice, qui s'enrichit avec le temps et le développement de certaines sociétés humaines. Pour Clement Attlee, la démocratie, c’est « le gouvernement par la discussion ». Habermas, quant à lui, parle de "l’espace public"  lorsqu’il aborde la question de démocratie, espace public qu’il le définit comme la sphère intermédiaire qui s’est constituée historiquement, au moment des Lumières, entre la société civile et l'État. C'est le lieu, accessible à tous les citoyens, où un public s'assemble pour formuler une opinion publique. Ceci renvoie donc  au concept de communication/délibération, indispensable au fonctionnement de la démocratie et à la mise en pratique des liens qu’entretiennent démocratie et développement.

L’intérêt du rapport communication/démocratie et développement est à mettre en relation avec les expériences de développement et des régimes sociopolitiques qu’ont adopté les pays. Au regard de plusieurs expériences, les deux s’avèrent comme complémentaires l’une de l’autre et se renforcent mutuellement. Le lien entre eux est d’autant plus fort qu’il prend naissance dans les aspirations des individus et des peuples et les droits qui leur sont reconnus. L’histoire montre, d’ailleurs, que les expériences dans lesquelles la démocratie et le développement ont été dissociés se sont, le plus souvent, soldées par des échecs. À l’inverse, l’imbrication de la démocratisation et du développement contribue à enraciner l’une et l’autre dans la durée. En effet, si, pour se consolider, la démocratie politique doit trouver son prolongement dans des mesures économiques et sociales qui favorisent le développement, de même, toute stratégie de développement a besoin, pour être mise en œuvre, d’être validée et renforcée par la participation démocratique.

Par ailleurs, il convient de signaler que dans le cadre de ce travail, partant du fait que la communication, une fois incluse dans le concept de démocratie qui devient englobant, la réflexion porte ainsi logiquement sur la relation  démocratie et développement. De ce fait, par démocratie, on veut dire la délibération publique, la communication populaire et la participation collective ; par développement, on veut dire le développement humain durable tel qu’il sera défini plus tard.

Problématique de base :

Tout le monde s'accorde désormais à mettre en exergue la relation entre démocratie et développement avec un enjeu commun qu’est la communication. Cependant, force est de s’interroger sur la nature de cette relation. En quoi le développement a-t-il besoin de communication et par conséquent de démocratie ?

C’est sur cette problématique, non moins importante pour faire l’objet d’un pareil travail de recherche, que nous nous  proposons de porter des réflexions.

Objectif général de ce travail :

L’analyse de cette problématique peut être menée à partir d’un certain nombre de variables dont il serait impossible de dresser de façon exhaustive le catalogue dans le cadre de ce travail. C’est ainsi que ce présent travail, loin de prétendre à une exhaustivité, est sous tendu par les objectifs suivants :

- Procéder à une analyse sommaire de la nature des relations qu’entretiennent démocratie et développement entre eux, leurs interactions et influences mutuelles ainsi que la place qu’occupe la communication dans la mise en pratique de ces liens entre les deux concepts.

- Présenter quelques expériences par pays de combinaison étroite entre démocratie et développement d’une part et de dissociation entre les deux d’autre part.

- Poser les bases de la façon dont la régulation de l’espace de communication/délibération peut être favorable à une participation accrue aux actions de développement dans les pays en développement.

Partant de ces objectifs, nous posons les hypothèses ci après dont nous procéderons à la vérification dans le corps de ce travail :

D’abord, la première hypothèse que nous pouvons postuler est la suivante : Nous pensonsbien qu’il existe une relation de causalité (cause à effet) et d’indissociabilité entre la communication/ démocratie et le développement ; et que la prise en compte des ingrédients démocratiques dans toutes les politiques et actions de développement, offre une chance de réussite de facon participative et pérenne à ces derniers.

Ensuite, la seconde hypothèse se présente comme suit : Si la démocratie est la condition du développement, s’il n’y a pas de démocratie sans la constitution d’un espace public (Habermas) de délibération, alors la communication qui est la forme de délibération, est le fondement et l’accompagnateur du développement.

En effet, pour une analyse détaillée de notre problématique dégagée ci-dessus et dans le souci d'avoir une approche dynamique, nous envisageons de procéder selon le plan ci après : Dans une première partie il semble opportun d’étudier l’approche théorique sur la question dont l’objectif est de mettre en exergue le contenu et l’argumentaire des relations de causalité positive entre démocratie et développement. Dans une seconde partie, il convient de procéder à des études de cas pour vérifier nos hypothèses. Soit, qu’il s’agit de confirmer ces hypothèses, et au cas échéant, de relativiser notre position en soulignant la nécessité d’un espace public régulé de communication/délibération pour une harmonie entre les deux concepts.

En ce qui concerne la méthodologie suivie pour arriver au produit fini, il convient de signaler que nous avons, d’une part fait recours à l`analyse documentaire (ouvrages d’approches théoriques, rapports d’études de cas et d’enquêtes, divers articles et sites web) ; et d’autre part adopté la démarche analytique, comparative et argumentative pour mener à bien ce travail.

 


1ere Partie : Approche théorique de la relation démocratie-Développement

L’articulation entre développement et démocratie a toutefois été relancée grâce aux travaux d’Amartya Sen. Pour ce dernier (1999, p 46),  « le développement doit être appréhendé comme un processus d’expansion des libertés réelles dont jouissent les individus. De cette façon, l’expansion des libertés constitue à la fois, la fin première et le moyen principal du développement,  ce que j’appelle, respectivement le rôle constitutif et le rôle instrumental de la liberté dans le développement  ».

Pour analyser et argumenter l’affirmation qu’il existe une corrélation entre démocratie-Développement, il importe de mettre en exergue le contenu de l’impératif démocratique et le concept de développement (I) pour après procéder à une analyse argumentative de l’interaction entre démocratie et développement (II).

L’impératif démocratique et le concept de développement :

De par les espoirs placés en eux, la démocratie et le développement ne sont autre chose que deux objectifs hautement désirables, deux projets dont la finalité principale est la recherche et l’amélioration du bien-être de tous. Leurs défis sont divers, complexes et inter-reliés.

L’impératif démocratique :

La démocratie apparait comme un système dans lequel l’ensemble de la société peut participer, à tous les niveaux, au processus de prise de décision et en exercer le contrôle ; et ce, à travers des mécanismes juridico-institutionnels qui posent les bases démocratiques de cette participation en fixant les règles jeux, et les outils techniques (instauration des espaces de délibération, d’échange et de débat tant formels qu’informels). De ce fait, la promotion des droits de l’Homme ainsi que le respect des différences et de la liberté d’expression et d’opinion sont des ingrédients indispensables.

C’est dans cette optique qu’il est avancé ce qui suit : « Il ne peut y avoir de démocratie sans un système juridictionnel indépendant et sans des institutions qui garantissent la liberté d’expression et l’existence de médias libres. Le pouvoir de légiférer doit être exercé par des représentants du peuple, élus par le peuple. Les lois doivent être mises en œuvre par des personnes légalement responsables et l’appareil administratif doit être responsable devant les élus… ». DIAMOND Larry et al renchérissent à leur tour en avançant également que « La démocratie renvoie à un système de gouvernement qui satisfait à trois conditions essentielles : 1) l’existence d’une vaste et significative compétition entre individus et groupes organisés (partis politiques notamment) pour la conquête de l’ensemble des postes relevant effectivement du pouvoir gouvernemental, et cela à des intervalles réguliers et sans recours à la force ; 2) un degré très large de participation politique dans le choix des dirigeants et des programmes politiques, grâce en particulier à des scrutins équitables et réguliers d’où aucun grand groupe social (adulte) ne soit exclu ; 3) un niveau suffisant en matière de libertés civiles et politiques – liberté d’expression, liberté de la presse, liberté de former des organisations et d’y adhérer – pour que soient garanties l’honnêteté de la compétition et de la participation politique ».

Parant de là, on serait amené à affirmer que la démocratie peut, en somme, être définie comme un système politique capable de corriger ses propres dysfonctionnements, sans véritablement se limiter au seul cadre institutionnel. Elle doit aussi et surtout s’incarner dans une culture, un état d’esprit favorisant la tolérance, le respect de l’autre, ainsi que le pluralisme, l’équilibre, le dialogue entre les forces constitutives d’une société. À la différence des conceptions traditionnelles exclusivement limitées à la sphère étatique, le concept de culture démocratique exige que l’on prenne en compte l’ensemble des acteurs sociaux, financiers, gouvernementaux et non gouvernementaux, ainsi que les relations qui les lient ou les opposent. Le concept de culture démocratique confrontée à la révolution informatique est donc, tout à la fois, nouveau et complexe. Il mérite d’être approfondi afin que l’ensemble des opinions publiques puissent en comprendre les enjeux.

Ainsi, si la démocratie est le système dans lequel «le pouvoir souverain réside dans le peuple », les modalités de son exercice peuvent varier avec le système social et le développement  économique propres à chaque pays. Elles tendent, aussi, à se transformer en fonction de l’évolution politique, démographique, économique et sociale. A ce niveau, Alexis de Tocqueville dit ceci « Dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau ».

Il y a certains préalables pour rendre cette démocratie plus efficace. En premier lieu, se pose la question de la justice qui garantit l’exercice de la démocratie puisqu’elle a pour mission de rendre effectifs le principe d’égalité devant la loi, le droit pour tout individu d’exprimer son opinion à l’intérieur de la société à laquelle il appartient, le droit d’être entendu et de présenter sa défense. La démocratie n’est donc viable que si elle dispose d’un pouvoir judiciaire sérieux et indépendant. En second lieu émerge la libre participation des citoyens en ce sens que c’est elle qui permet l’exercice des droits à la liberté d’opinion et à la différence. C’est elle, également, qui permet à la société civile de s’exprimer, non seulement à l’intérieur de chaque nation, mais aussi sur la scène internationale, ce qui, dans un monde de plus en plus interdépendant, devient une nécessité.

 

Le concept de développement :

Le concept de développement, vu sous l’angle de « développement humain durable »,  doit être entendu comme l’ensemble des progrès économiques, sociaux et culturels auxquels aspirent les peuples. Le PNUD, Initiateur du concept "développement humain", lui donne la définition suivante : « Processus d’élargissement de l’éventail des choix qui s’offre à chacun ».

Le développement durable est donc pluridimensionnel. Il n’est plus, de manière restrictive, étroitement économique ou financier. Pour être complet, il lui faut aussi être culturel, social et, plus largement, prendre en compte tous les facteurs qui concourent à l’épanouissement de l’individu. Environnement, justice sociale, démocratie, éducation et partage du savoir sont étroitement liés au développement. C’est la raison pour laquelle le droit au développement trouve naturellement sa place parmi les droits de l’homme.

Cet élargissement du concept de développement a de multiples implications. Il modifie, par exemple, en la rendant plus complexe, la vision que l’on a eue, pendant longtemps, du problème de la pauvreté. Si la dimension économique demeure prépondérante, elle ne suffit plus à appréhender l’ensemble du problème. Sortir de la pauvreté, enclencher une dynamique de développement, suppose que soient satisfaits, non seulement les besoins directement liés à la survie, mais aussi l’ensemble des besoins en matière de santé, de logement et d’éducation. Cela suppose aussi le renforcement de la capacité des individus et des groupes de participer et d’influencer les décisions qui les concernent. Les membres du Panel ont aussi souligné que «développement» et «justice » sont indissociables, car le développement doit pouvoir s’appuyer sur l’existence de lois et de règlements clairs et équitables.

Dans ce sens, le développement durable apparaît comme un nouveau mode de gestion. C’est une approche qui refuse le non développement, comme elle refuse le développement non raisonné qui empêcherait les développements futurs. C’est une invitation à un développement différencié dans  son objet, dans l’espace et dans le temps ; un développement pluridimensionnel qui comporte certes l’environnemental et économique, mais aussi le politique, le social et le culturel.

L’interaction démocratie-développement :

« ...les démocraties sont en général moins instables politiquement et, en effet, la démocratie et le développement conjugués ont tendance à être très durables.» Bruce M. RUSSETT

La démocratie et le développement sont complémentaires et se renforcent mutuellement (persistent et signent les participants au panel de l’UNECSO).

En effet, il est généralement admis que l’idée de fond peut-être synthétisée de la manière suivante : l’amélioration des conditions de vie des populations est censée passer par la croissance économique dont devrait découler la démocratisation des régimes politiques et un optimum de régulation des libertés et espaces publics d’échange et de débats,  lesquelles seraient à leur tour, à partir d’un seuil à déterminer, un accélérateur et accompagnateur de développement.

Cette affirmation sans ambages nous rappelle la dualité de discours classique (qui est encore loin de s’estomper) entre ceux qui disaient « développez vous d’abord et vous vous démocratiserez après » et ceux qui, répliquaient « démocratisez-vous d’abord et vous vous développerez après ».

Ceci dit, il importe de signaler qu’une analyse de l’interaction entre la démocratie et le développement peut être menée à partir d’un certain nombre de variables dont il serait impossible de dresser de facon exhaustive le catalogue dans le cadre de ce travail.

On s’accorde généralement que selon les cas, démocratie peut apparaitre comme créatrice du développement (A) ou comme facteur d’accompagnement et de durabilité du développement (B).

La démocratie comme créatrice du développement :

La démocratie comme créatrice du développement  se justifie à plusieurs niveaux dont le niveau politique, économique et social.

Dans la sphère politique, la variable de la démocratie politique, avec ses attributs du pluralisme idéologique et de la représentativité, de la primauté du droit, de respect des droits de l’homme, de la justice sociale, etc., crée des conditions optimales pour le développement durable qui ne laisse pour compte, aucune franche de la population.

Essentiellement définies comme des réalités concrètes, ces valeurs sont des éléments constitutifs du processus de développement. Dès lors qu’on accepte ce postulat, la promotion et la protection de ces valeurs deviennent indispensables à la satisfaction des besoins liés à la vie et à l’épanouissement de l’être humain considéré à la fois comme individu et comme membre de la société.

A ce postulat s’ajoute celui de l’exercice de la bonne gouvernance qui pose la question du renouvellement des modalités de la décision et interpelle les fondements de la rationalité des comportements d’acteurs. La bonne gouvernance est devenue une panacée pour une solution durable aux divers problèmes socioéconomiques.

En outre, la relation démocratie-développement s’inscrit dans les efforts menés sur le plan économique et social. Elle a comme fondements la justice sociale et l’équité qui sont des bases essentielles à la consolidation de la démocratie et à la réalisation d’un développement durable. Mieux suivie, la démocratie économique concourt à un réel développement et offre un minimum de conditions de vie décentes aux citoyens. Il est intolérable du point de vue politique et inacceptable du point de vue moral que certaines couches de la population soient marginalisées et qu’elles ne bénéficient pas de la stabilité démocratique.

Par ailleurs, l’absence de justice suscite des phénomènes de repli identitaire qui se traduisent souvent par des extrémismes avec leurs suites de violence donc de mal développement qui sont non seulement des freins à la consolidation de la démocratie mais aussi à la solidarité générationnelle.

Dans un autre ordre d’idées, le lien entre eux est d’autant plus fort qu’il prend naissance dans les aspirations des individus et des peuples et les droits qui leur sont reconnus. L’histoire montre, d’ailleurs, que les expériences dans lesquelles la démocratie et le développement ont été dissociés se sont, le plus souvent, soldées par des échecs.

Pour ce faire, il convient de mettre en évidence que les démocraties favorisent la diffusion du savoir, notamment concernant la santé, une meilleure information concernant moyens de freiner la natalité, les risques MST. Des débats publics libres et ouverts constituent le fondement de ce qu’Amartya Sen appelle le ‘rôle constructif’ que les démocraties sont susceptibles de jouer dans la promotion du développement. D’aucuns soutiendront enfin que les modèles de pensée qui sont à la base du développement des pays les plus avancés se trouvent aussi être des modèles démocratiques.

La participation démocratique comme facteur d’accompagnement et de durabilité du développement :

La participation doit s’entendre comme un « processus à travers lequel des agents influencent et partagent le contrôle sur la fixation des priorités, la définition des politiques, l’allocation des ressources et l’accès aux biens et services publics ». Il s’avère qu’il y a des cas où les initiatives de développement se déclenchent en dehors de tout processus démocratique de participation et donc de délibérations publiques, mais, il s’avère par ailleurs que ces initiatives doivent être impérativement accompagnées par la participation démocratique pour qu’elles soient durables et avoir des impacts effectifs. C’est l’idée de développement humain durable qui va au delà de la seule croissance économique sans effets bénéfiques sur la population.

La participation de l’ensemble des acteurs institutionnels et sociaux est souhaitée, tant au niveau de l’élaboration des programmes de développement qu’à celui de la prise de décision, ainsi qu’au niveau de suivi et évaluation. La complexité des problèmes posés par la recherche d’un développement durable nécessite de nouvelles procédures démocratiques où le débat ne serait plus accaparé par les seuls experts. C’est-à-dire qu’au-delà des structures administratives, expertes ou militantes, il faut développer des structures autonomes de débat, et ceci dès le niveau local. La question est de savoir comment, par exemple, la participation au développement, le droit d’association, le droit à l’éducation, le droit à un environnement sain, etc., relèvent de la démocratie et ne sauraient être promus sans elle. La participation directe des citoyens aux débats de projets de développement qui concernent leur localité, leur ville, ou leur région, etc., donne lieu à une opinion éclairée, à une décision consensuelle. On le sait bien, tout système démocratique repose sur le dialogue et le consensus ; ce qui suppose que toute décision touchant la vie des citoyens doit être voulue et acceptée de part et d’autre réciproquement. La promotion des tous les droits évoqués ci-dessus ne peut s’accomplir que dans le dialogue et dans un environnement de liberté. Plus les individus seront associés à la définition des politiques, plus celles-ci seront susceptibles de refléter leurs aspirations.

De ce fait, signalons que le rapport sus mentionné de l’UNECSO dévient plus édifiant à sur ce point; et ce en affirmant ce qui suit : « Pour se consolider, la démocratie politique doit trouver son prolongement dans des mesures économiques et sociales qui favorisent le développement, de même que toute stratégie de développement a besoin, pour être mise en œuvre, d’être validée et renforcée par la participation démocratique. ». La participation, dans cet ordre d’idées, constitue les chaînons qui relient la construction et la consolidation du développement durable à celles de la démocratie.

La mise en œuvre des programmes nationaux de développement ne seront politiquement durables que s’il y a une « durabilité politique », c’est-à-dire un consensus au sein de la société quant à la légitimité de l’État, aux droits et responsabilités des citoyens, à l’adhésion à un certain nombre de valeurs telles que la bonne gouvernance, l’équité, la justice, le respect des libertés individuelles et collectives, etc. Il est difficile, voire impossible, de maintenir l’élan des actions de développement là où surgissent la répression et la violation des  droits et libertés des populations.

À long terme, dans les régimes démocratiques, la liberté d'expression et la liberté de la presse, ajoutée à l'obligation de rendre des comptes, ont des effets positifs sur le développement économique, avance Daniel Kaufmann, directeur du programme Gouvernance à l'Institut de la Banque mondiale.


 

 

- Certains avancent que le changement d’angle d’analyse de « communication-Développement » à « Démocratie-Développement », part du Dicours de  Truman, le 20 janvier 1949 qui est considéré comme le  point de départ

-Cité par B. YODA, 2004 – Gestion participative des projets de développement : Outils et Méthodes d’intervention- Mémoire de 3e Cycle en agronomie, ENA, Meknès.

 

-L’interaction démocratie et développement, Rapport de synthèse (Sous la direction de Boutros Boutros-Ghali) Publié en 2003 par l’UNESCO p9.

- In La comparaison des expériences démocratiques, Les pays en développement et l’expérience de la démocratie, Nouveaux Horizons, 1990).

- au sens que lui ont donné les Nations unies.

- Il s’agit là des choix quotidiens d’ordre  économique, social, politique et culturel que fait individu et chaque groupe ou sous groupe.

- Amartya Sen, Un nouvel ordre économique, Odile Jacob, Paris, 2000.

- Selon les analyses des Membres du Panel international sur la démocratie et le développement (PIDD), organisé par l’UNESCO, Op.cit

- Définition donnée lors d’un atelier organisé par la Banque mondiale du 29 avril au 3 mai 2003 à Washington.

- D’aucuns le connotent comme le développement de l’Homme, par l’Homme et pour l’Homme.

- L’interaction démocratie et développement, Op.cit. P11

- Il y a quelques années, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) avait exposé sa vision du développement durable en insistant sur cinq piliers : la durabilité environnementale, la durabilité économique, la durabilité politique, la durabilité sociale et la durabilité culturelle. Voir ACDI, Notre engagement à l’égard du développement durable, Ottawa, 1997. 

 

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